Animer un atelier vocationnel avec les jeunes pros

A l’aide d’un support artistique (la vocation de St Matthieu du Caravage) et de l’exhortation apostolique Christus Vivit, dégager des clés de compréhension sur la vocation, ainsi que des outils d’aide au discernement.

 

Objectif, durée de l’atelier et matériel nécessaire

Animer un atelier afin de faire émerger des discussions et des réflexions sur les vocations, dégager à l’aide d’un support artistique et de l’exhortation apostolique Christus Vivit des clés de compréhension sur la vocation, ainsi que des outils d’aide au discernement. L’atelier dure entre 1h30 et 2h00. Ici sont à prévoir : un vidéoprojecteur et un ordinateur pour pouvoir projeter l’image du tableau de la vocation de St Matthieu, des post-it et des stylos. Au préalable, il est utile d’encourager les participants à la lecture de Christus Vivit, afin de pouvoir approfondir la réflexion en groupe.

 

Introduction générale

Le petit groupe entre dans une pièce un peu enténébrée où est déjà projeté le tableau de la vocation de St Matthieu, en entier, sans filtre. Les gens s’installent en demi-cercle, face au tableau. Les animateurs s’assoient parmi eux. Il convient de miser sur une présentation interactive en encourageant la prise de parole et en instaurant une ambiance conviviale.

 

Analyse du tableau

Ce tableau, qui représente la vocation de St Matthieu, fait partie d’un tryptique d’œuvres présentes dans l’église Saint-Louis-des-Français à Rome, qui illustre trois épisodes de la vie de St Matthieu. Il a été peint par Le Caravage en 1599. Mt 9,9 : “Jésus partit de là et vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de collecteur d’impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit.”. C’est ce verset précis qui est représenté par la peinture de Le Caravage.

Par ailleurs, le choix de ce tableau fait écho à la publication très récente de l’exhortation apostolique Christus Vivit du Pape François, parue en avril 2019. L’exhortation apostolique débute ainsi : « A vous tous, jeunes chrétiens, j’écris avec affection cette Exhortation apostolique, c’est-à-dire une lettre qui rappelle certaines convictions de foi et qui, en même temps, encourage à grandir en sainteté et dans l’engagement de sa propre vocation. »

Question générale : Comment ces deux œuvres nous font elles réfléchir sur notre propre vocation tout en s’éclairant mutuellement ?

Par un changement de diapos, et avec un filtre sombre sur Le Caravage, on met en valeur, successivement 3 éléments du tableau qui feront écho à 3 points du chapitre 8 de Christus Vivit.

 

  1. Le visage du Christ, éclairé par une douce lumière naturelle.

Le Christ passe dans ma vie et fait entendre son appel de manière discrète. C’est dans le tissu ordinaire de ma vie, et dans toutes les structures de la société que prend racine la vie de sainteté (n°252, 254, 256, 257). Il n’a pas forcément un visage éclatant. Il n’est pas forcément une tempête dans ma vie. Il passe et me regarde.

Question : Pas une tempête dans ma vie, qu’est-ce que ça vous rappelle ? Laisser répondre, amener à la réponse de la brise légère (1 Rois 19, 11-12). Réfléchir sur les signes de la présence de Dieu dans nos vies.

 Question : Comment trouver des lieux de silence ? Fournir aux participants des clés sur les moyens de se mettre à l’écoute de Dieu. Insister sur la force de la relecture quotidienne, du dialogue permanent avec le Seigneur et de la pertinence de l’accompagnement spirituel dans cette démarche d’écoute. Laisser 1 à 2 minutes de silence aux participants avec post-it autour de ces questions.

  1. La main du Christ, copie de la main du créateur de la chapelle Sixtine.

Quand il me regarde, Dieu me tend la main, encore, et n’en finit pas de me tendre la main comme il me l’a tendue dès qu’il a commencé à me créer. Ainsi il me crée, continuellement. Si j’entends son appel aujourd’hui pour moi dans mes désirs, mes sentiments, mes rêves (n°259), ce n’est que la poursuite de l’appel à naître sur la terre, à recevoir le baptême… à grandir en amitié avec le Christ.

Question : Comment discerner des appels à des choix définitifs dans une “culture du provisoire” où l’on est tenté de vouloir sans cesse repartir à zéro pour ne rien abandonner, ne rien perdre…au risque de ne pas avancer du tout ? (n°251, 264, 267).

Interroger les jeunes sur leurs façons de se connecter à Dieu. Proposer des pistes concrètes pour les aider à discerner (oraison silencieuse…)

 Question : Quelle est la forme de prière, de discussion avec Dieu qui leur convient le mieux ? Comment est-ce que je dialogue avec Dieu ? Laisser 1 à 2 minutes de silence avec post-it autour de ces questions.

  1. Les deux mains de Matthieu : une qui continue de faire son métier de collecteur d’impôts, l’autre qui se désigne en un geste symétrique à la main tendue de Jésus.

Jésus m’appelle et je deviens co-créateur. C’est à moi de répondre ! Il m’a dit “suis-moi”. Mais je peux refuser de le suivre et rester là, la main dans mes habitudes (n°251). Cet appel me renvoie à ce que je suis au plus profond de moi-même. Il peut me surprendre (cf. le visage de Matthieu dans le tableau). Mais je me rendrais vite compte que Dieu me regarde avec un regard plus intime à moi que moi-même, qu’il me dit “suis-moi” dans ma langue maternelle (n°255, 257). Sous son regard, je peux choisir de faire pousser le meilleur de moi-même à partir de ce qui existe déjà en moi, sans chercher à l’extérieur un autre “moi-même” qui se créerait à partir de rien. Répondre à l’appel de Jésus par un choix définitif (comme le mariage ou le choix du célibat consacré, par exemple), c’est finalement s’autoriser à découvrir au plus profond de nous le sens de ce que l’on vit, la plénitude (n°273).

Un témoignage ciblé sur une vocation particulière est ici approprié.

Question : Comment est-ce que je vois la perspective d’un choix définitif ? Qu’est-ce que ça m’apprend sur moi-même, sur mon cheminement ?

Anticiper des questions souvent nombreuses sur la vocation professionnelle.

 

Pour résumer, trois étapes primordiales :

  1. Le silence, l’attention portée, l’écoute.
  2. Le dialogue, les questions posées, les petites réponses dans ma vie, la connaissance de soi et de Dieu.
  3. La réponse.

 

Réflexion en groupe

15 min en petits groupes (4-6 personnes) : Vos questions, votre vocation. Chacun est libre de poser ses questions : sur le fond, sur la forme, des questions sur nos vocations, sur les leurs, chacun peut présenter ses brises légères, ou ses difficultés à trouver le silence, sur ses choix définitifs, ses difficultés.

Conclusion

Retour général, conclure par une prière pour les vocations.

Atelier proposé par l’équipe Vocare (Equipe de réflexion et de création d’animations autour du thème des vocations, constituée de jeunes pro, d’étudiants et de la responsable nationale des vocations)

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