Colloque Les paradoxes du célibat : perspectives et enjeux pour la société et l’Eglise.

Retour sur le colloque organisé par les Bernardins en conclusion d’un séminaire de recherche sur ce phénomène sociétal en plein développement : les célibataires

Après avoir travaillé ces derniers mois de façon interdisciplinaires (aspects historiques, sociologiques, théologiques, anthropologiques, spirituels, pastoraux…) nous nous sommes retrouvés pour élargir nos réflexions et les ouvrir au plus grand nombre.
Un désir : valoriser les personnes, prendre en compte, écouter.

Comment définir d’ailleurs les célibataires ? Ceux qui ne sont pas mariés ? Ceux qui ne vivent pas en couple ? Et la place des divorcés ?

D’un certain point de vue, 75% de la population se trouve confronté au célibat (une moitié des français n’étant pas marié et parmi les gens mariés, la moitié ayant divorcés). Dans chacune de nos familles, nous connaissons des célibataires : leurs joies, le don d’eux-mêmes, leur disponibilité, leurs souffrances, leurs manques, leurs aspirations… Les schémas simplistes sur la vie humaine ont disparu. Sans rien retirer de l’idéal de l’amour, mais en l’écoutant davantage au creuset des vies et des parcours, nous sentons bien que ces 10 millions de personnes célibataires en France aujourd’hui nous convoquent à un sursaut de réflexion et d’innovation pastorale.
Les personnes célibataires nous disent, à travers leurs réalisations, leurs attentes, leurs joies et leurs peines quelques-chose de l’amour de Dieu. En les accueillant mieux dans nos paroisses et nos communautés c’est toute l’Eglise que nous faisons avancer. Les célibataires sont révélateurs des nouveautés, attentes et des difficultés de toute la société.

Comme le soulignait Mgr Luc Ravel à la fin du colloque, nous en avons la conviction :

      1. Personne n’est voué à la tristesse. L’homme est fait pour la joie, fruit de la vie en lui. Une personne célibataire ne doit jamais renoncer au bonheur même si ce qu’elle avait projeté ne se réalise pas. A nous d’inventer des lieux pour chasser le fatalisme.
      2. Le bonheur est dans l’amour, et pour nous chrétiens cet amour est dans le cœur du Christ. Mais les formes de l’amour sont multiples A nous de reconnaitre ces formes et d’inventer ces lieux, dans nos familles et nos communautés où chacun sent qu’il aime et peut être aimé.
      3. Cet amour rencontre des barrières réelles, en particulier à travers l’individualisme exacerbé. Les freins à l’engagement et au don de soi, à la dépendance dans l’amour, existent. Là où auparavant la communauté soutenait, l’individualisme (constitutif de nos sociétés contemporaines, qu’on le veuille ou non) renvoie chacun à l’obligation de créer des tissus de relations et cela est un défi !

A la suite d’interventions d’experts, nous avons travaillé sur pleins de sujets :

De quoi les célibataires ont-ils besoin pour donner plus de fécondité et de sens à leur vie ? Continence et chasteté : est-ce possible ? est-ce souhaitable ? Quelle ressource pour les célibataires dans la sagesse chrétienne ? Célibat masculin, célibat féminin, est-ce la même chose ? (ne serait-ce que dans le regard des autres : un homme célibataire est souvent vu comme un homme, une femme célibataire comme une … célibataire !)
Bien sur les débats ont fait surgir beaucoup de questions : peut-on parler d’état de vie ? comment ne pas idéaliser ou fantasmer le mariage ou la vie religieuse ? Articuler autonomie et dépendance ? Comment de pas subir mais choisir (dans l’expérience humaine, on ne choisit pas tout !… mais on choisit de donner sens !)

Merci Claire Lesegretain pour cette belle et dense journée !

L’Eglise est belle quand elle est remplie de sollicitude et se met vraiment à l’écoute. Dans quelques mois, sortiront les Actes du séminaire de recherche et de ce colloque.

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