EDITO – L’Esprit-Saint, souffle vital de l’Eglise

L’Esprit-Saint, souffle vital de l’Eglise

Mai & Juin 2022 – édito du P. Vincent Breynaert, directeur du service SNEJV

Qui est le protagoniste ? Qui est l’acteur principal de la mission ? Nous l’expérimentons chaque année : l’évènement de la Pentecôte est un évènement considérable. Non seulement parce qu’accomplissant le temps pascal, il l’ouvre sur le temps de la mission, mais surtout parce qu’il nous donne la clé de l’agir de Dieu ; le don de l’Esprit Saint. Et cela change tout. Avec lui la mission prend sens. Sans lui, la mission patine.

On est frappé par le nombre de fois où le Pape François rappelle que le protagoniste de la mission, c’est bien l’Esprit-Saint. C’est lui l’acteur principal de la mission de l’Église, c’est lui qui guide les pas des évangélisateurs, c’est lui qui leur montre le chemin à suivre… D’ailleurs, « sans l’Esprit Saint, vouloir faire la mission devient une autre chose. Cela devient, je dirais, un projet de conquête, la prétention d’une conquête que nous réalisons nous-mêmes, une conquête religieuse ou peut-être idéologique. » (Pape François, livre ‘Sans Lui nous ne pouvons rien faire.’ Bayard, 2019)

Je vous invite à méditer et relire votre agir pastoral avec le texte suivant du grand Cardinal belge, Joseph Suenens (1904-1996), qui fut l’un des quatre grands modérateurs du Concile Vatican II ; il devrait prochainement être déclaré vénérable. Joseph Suenens aimait profondément le Saint-Esprit et n’avait pas peur d’interpeller l’Eglise post-conciliaire : « Avec le recul du temps, la parole de Paul VI sur le Renouveau comme « une chance pour l’Eglise » reste un souhait très partiellement réalisé, car cette grâce offerte n’a pas été captée au même niveau de l’Eglise au cœur de celle-ci. Interpréter le Renouveau, comme un « mouvement » parmi d’autres mouvements, c’est méconnaître sa nature : il s’agit d’une motion de l’Esprit offerte à toute l’Eglise, destinée à rajeunir tous les aspects de la vie de l’Eglise. (C Suenens, itinéraire spirituel 1990).

Car c’est vrai, nos beaux élans missionnaires peuvent aussi s’user. Que nous manque-t-il ? Comment garder l’enthousiasme ? Quand on regarde la première communauté chrétienne, on voit que la puissance vient bien du Saint-Esprit, le don de Dieu répandu sur les disciples à la Pentecôte. C’est lui le principe et le moteur de la mission d’évangélisation. En Saint Luc d’ailleurs, le mandat missionnaire commence d’abord par l’urgence…  d’attendre !  « Demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la force d’en haut » (Luc 24,49) : Il faut d’abord être immergé, inondé de la vie divine. Ensuite seulement, nous sommes en mesure d’annoncer la Bonne Nouvelle avec une clarté, une audace et une conviction surnaturelles.

Or l’Esprit-Saint est encore trop souvent « ce Dieu inconnu » (Joseph Ratzinger) « la personne oubliée de la Trinité » (Yves Congar) et nous avons du mal à laisser agir sa puissance, nous ne croyons pas assez que « le but de la vie chrétienne est l’acquisition du Saint-Esprit » (Saint Séraphin de Sarov). Récemment le Père Cantalamessa a mis en valeur la pertinence de ce qu’on appelle  ‘la théologie du troisième article’. En résumé, il s’agit de refaire l’expérience des premières générations chrétiennes : c’est-à-dire partir du Saint-Esprit pour reconnaitre la seigneurerie du Fils puis  arriver au Père… et non pas l’inverse. Car le Saint-Esprit est vraiment l’initiateur, le guide et la force dynamique qui fait avancer la diffusion de l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre. » Sans lui, nos œuvres, y compris dans la Nouvelle Evangélisation, risquent d’être des œuvres pour Dieu et non pas les œuvres de Dieu.

Voici donc le texte que nous pouvons méditer :

Sans l’Esprit-Saint,

Dieu est loin,

Le Christ reste dans le passé,

L’Evangile est une lettre morte,

L’Eglise, une simple organisation,

L’autorité, une domination,

La mission, une propagande,

Le culte, une évocation,

Et l’agir chrétien, une morale d’esclaves.

Mais en lui :

Le cosmos est soulevé

   et gémit dans l’enfantement du Royaume,

Le Christ ressuscité est là,

L’Evangile est puissance de vie,

L’Eglise signifie communion trinitaire,

L’autorité est un service libérateur,

La mission est une Pentecôte,

La liturgie est mémorial et anticipation,

l’agir humain est déifié

Oui, que la personne du Saint-Esprit accompagne les jeunes et nos équipes en cette fin d’année. Que la force du Saint-Esprit nous donne de préparer nos sessions et nos camps d’été avec enthousiasme. Que l’amour du Saint-Esprit nous aide à construire la famille humaine. Avec lui, Il s’agit de réaliser le rêve de Dieu, le grand projet de fraternité que Jésus avait dans son cœur lorsqu’il priait le Père : « Que tous soient un » (Jn 17, 21). « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et que puis-je désirer sinon qu’il s’allume ». (Lc 12,49).

 

Nous vous assurons de notre prière et de notre service pour chacun de vous,

Bonne fête de Pentecôte !

P. Vincent Breynaert

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