Ouvrir une jeunesse ébranlée à l’Espérance du Christ.

Image par pasja1000 de PixabayL’année pastorale commence comme la précédente avait terminée : il nous faut vivre au quotidien avec cette crise sanitaire et accueillir l’incertitude dans la foi.

Nous le constatons tous : cette crise touche particulièrement, de plus en plus même, les jeunes: d’abord indirectement, les jeunes avaient été ébranlés pendant les mois de confinement, au cœur même de leur croissance, dans leurs élans, leurs sensibilités, leurs rêves. Ces longs mois les ont marqués dans leur psychisme, leurs projets, leurs examens, leurs relations. Aujourd’hui, nous accompagnons une nouvelle étape, non sans percevoir quelques difficultés rencontrées par les jeunes : celles d’un avenir semé d’embûches ou de projets contrariés, celles de l’isolement et du repli (égoïste, identitaire… beaucoup de jeunes souffrent de solitude), celles des peurs et des explications simplistes nourries des fake news, celles d’un éloignement encore plus net de l’institution ecclésiale et des sacrements, accompagné d’un « à quoi ça sert ? ». Certains parlent d’une génération sacrifiée, d’autres évoquent une « bombe à retardement sociale ». Comment continuer à rejoindre les jeunes et les ouvrir à l’Espérance du Christ ?

Coté pastorale justement, que d’efforts pour s’adapter et se réinventer continuellement ! Rien n’est sûr. Il nous faut manier la prudence, l’obéissance au réel, la souplesse et l’audace évangélique. D’où des découragements, des lassitudes mais aussi une créativité missionnaire féconde, un sursaut nécessaire dans l’audace et la foi pour rejoindre les jeunes de façon renouvelée, aidés aussi par la puissance des réseaux sociaux. Les défis restent considérables pour les prochains mois. Nous cherchons à accompagner au mieux cette étape.

Voici quelques pistes soulevées pour notre travail pastoral :

Repérer et signaler les motifs d’Espérance

Nous sommes plus que jamais à l’affût des germinations de la vie, des appels de l’Esprit Saint. Aujourd’hui aussi est une « heure favorable » (cf. Luc 4) pour cette génération Z (née après 1997) caractérisée par son autonomie et son sens des responsabilités. « Que je me sente utile ! ». « Il y a tant de bien à faire ! ». Que nos pédagogies encouragent les jeunes au don de soi. Ils sont « l’aujourd’hui de Dieu », les premiers protagonistes de la mission. Beaucoup de camps et de propositions pastorales cet été 2020 ont révélé des jeunes épris d’absolu et qui souhaitent être ces disciples-missionnaires que le Saint-Esprit suscite et envoie. Que la prière nous renouvelle et qu’une nouvelle génération de jeunes saints se lève.

Aider à poser un regard, à la fois critique et dans la foi, sur les désordres du monde

Face à la crise, les jeunes perçoivent, davantage que leurs aînés, que « quelque chose ne va pas ». S’ils traînent parfois les pieds devant l’avenir, ils trépignent : leurs frustrations sont grandes, leurs combats plus incisifs. Cette année « Laudato Si » 2020/2021 est une occasion privilégiée pour accompagner l’engagement des jeunes, dans ce double souci du cri de la terre et du cri des pauvres. « Ne devenez pas le triste spectacle d’un véhicule abandonné. Ne soyez pas des voitures stationnées. » (CV 143). Les axes prophétiques proposés par le magistère du Pape François inspirent les jeunes : Pacte global d’éducation, Economie de François, Pastorale Populaire des jeunes, projets collaboratifs. Nous soutenons leurs engagements.

Donner à faire une expérience renouvelée de l’Eglise

L’Eglise n’est pas d’abord l’appareil mais une communion fraternelle, une portion d’humanité qui vit de la charité du Christ. Trois axes pour le travail avec les jeunes :

1. Articulation du service du frère (lavement des pieds) et du service de l’autel (célébration eucharistique).

2. « L’universel s’empare, le catholique relie. » (Mgr Rouet).

3. « L’eucharistie n’a d’autre visée que de constituer l’Eglise comme corps du Christ. »  (Mgr Leborgne).

L’Eglise reconnait les jeunes comme une bénédiction. A nous de leur donner une place authentique dans nos fonctionnements (et pas uniquement en bout de ligne), pour qu’ils puissent exprimer leurs rêves et mettre en œuvre leurs projets : “Les jeunes sont capables de créer de nouvelles formes de mission dans les domaines les plus divers » (CV 24). Que les jeunes se sentent vraiment les premiers protagonistes de la mission !

Mettre en valeur la lumière de la foi

Celle qui donne réponse au mystère du mal et ouvre le chemin du salut. Les jeunes manifestent leur soif. Leurs questions abondent autour de la souffrance, de la mort, du sens de la vie, mais aussi sur la vision de l’homme (anthropologie) et le bien commun. Les jeunes nous convoquent à leur parler « la Bible en mains » : si elle n’est pas connue, la Parole de Dieu n’en reste pas moins reconnue et suscite un attrait renouvelé. « Que dit la Parole de Dieu devant ce qui nous arrive ? »

 

En cette année 2020/2021 : Poursuivre nos chemins de conversion pastorale.

La Pastorale a été bousculée, mais s’est montrée aussi, quoique diversement selon les diocèses et les communautés, très créative. Il faut s’adapter à une réalité nouvelle ou à des besoins nouveaux : moins de grands rassemblements fédérateurs, rapport différent au temps et à l’espace avec une certaine réappropriation du « dedans » (et la redécouverte, réelle ou simplement désirée, de l’intériorité), nécessaire prise en compte des fragilités et des inégalités plus criantes, décrochage de certains… tout cela nous invite à poursuivre le travail de conversion pastorale : qu’est-ce que cela dit de nos propositions, de nos rythmes, de la notion d’efficacité, de la place de la prière et de l’écoute de l’Esprit Saint ? C’est un appel au discernement communautaire, à l’intelligence collective, à la culture de Pentecôte. Oui, l’Esprit Saint est à la mesure des enjeux de notre temps. Nous sentons un appel très clair à poursuivre plusieurs chantiers :

Approfondir le travail sur les processus missionnaires

A la lumière du Magistère récent (en particulier : Aparecida, Evangelii Gaudium et Christus Vivit) : nous aidons à la mise en place des essentiels de la vie chrétienne dans la vie de nos groupes, aumôneries, et aussi la vie personnelle de chacun. Et nous percevons l’importance de vivre cinq aspects fondamentaux, bien mis en valeur par François, qui apparaissent de diverses manières à chaque étape du chemin du jeune : rencontre du Christ / conversion / formation et configuration au Christ / communion fraternelle / service et évangélisation. Il s’agit ni plus ni moins d’une vie renouvelée dans l’Esprit Saint.

Développer une Pastorale populaire des jeunes

« qui ait un autre style, d’autres temps, un autre rythme, une autre méthode » (CV230). La pastorale des jeunes, quand elle cesse d’être élitiste et accepte d’être « populaire », est un processus lent, respectueux, patient, plein d’espoir, infatigable, compatissant, nous rappelle François. Nous réunirons certains acteurs de cette Pastorale le jeudi 10 décembre 2020 à la Conférence des évêques de France.

Soutenir la formation à l’accompagnement spirituel des jeunes

Le Synode « reconnaît la nécessité de préparer des personnes consacrées et des laïcs, hommes et femmes, qui soient qualifiés pour l’accompagnement des jeunes » (CV 244). Nous mettons en place une formation sur 4 jours (2 modules de 2 jours, en janvier et juin 2021) pour former des accompagnateurs.

Accompagner les divers engagements autour de « Laudato Si » et la réflexion sur l’écologie intégrale

C’est vraiment l’heure de l’écologie humaine intégrale, « le développement authentique a un caractère moral et suppose le plein respect de la personne » (LS 5). Plusieurs parcours valent la peine d’être encouragés.

Que l’Esprit Saint vous inspire dans la mise en œuvre de vos projets, nourris par la vision que vous portez pour les jeunes qui vous sont confiés. Nous vous rappelons en quelques mots la vision reçue ici au SNEJV, et notre mission :  « Ensemble, avec l’aide de l’Esprit Saint, servir et encourager, dans la communion, l’évangélisation des jeunes en France pour que chacun puisse vivre de l’amour de Dieu et répondre à sa vocation à la suite du Christ ».

« Mais il m’a déclaré : “Ma grâce te suffit : car ma puissance se déploie dans la faiblesse”» (2 Co 12,9). Remettons nos projets entre Ses mains et soyons sûrs que le Seigneur nous accompagne et nous bénit.

Bonne année pastorale ! Toute l’équipe du SNEJV est à votre service et prie pour vous.

Dernières actus

  • La vie religieuse féminine (5)

    La vie religieuse féminine, par Sœur Cécile et Sœur Carine.

    Sr Cécile, du Carmel de Montmartre et Sr Carine, dominicaine à Poitiers, échangent sur la spécificité du discernement de jeunes femmes à la vie religieuse.

  • 5 novembre 2018 : Mgr Matthieu ROUGE, évêque de Nanterre. France.

    Une culture de l’Appel, par Mgr Rougé

    A l’occasion d’une journée de formation des acteurs de la pastorale des vocations à la CEF, Mgr Rougé, évêque de Nanterre, est intervenu sur les fondements théologiques d’une culture de l’appel.

  • année pour dieu HDS

    C’est la rentrée pour les 25 années pour Dieu !

    Environ 200 jeunes ont vécu une « année pour Dieu » en France l’an dernier, répartis dans 25 lieux différents. Prenez le temps de connaitre ces écoles et de vous en faire l’écho auprès des jeunes. Peut-être même en ce début d’année très particulier en raison de l’épidemie, certains jeunes voient devant eux plusieurs mois qui se dégagent de façon inattendue…

L'Eglise, par-delà le confinement

EgliseParDelaLeConfinement

Saison de la Création

tout est lié

#ChristusVivit

Christus Vivit

Année Johannique

Année Johannique

Faites vivre vos paroisses !

quete

Web TV

Web TV

Inscription à la newsletter