« L’une des expériences les plus marquantes de ma vie »

Christophe Hondelatte, journaliste à RTL (le 13 heures) et à France 2,
( » Les documents du dimanche « ) est passé par l’aumônerie.

Témoignage.

On me demande souvent : quelle grande école de journalisme as-tu fait ? Le CFJ ? L’ESJ ? Le CUEJ ? Et invariablement, je réponds : ARDITEYA. C’était une petite maison aux volets verts opportunément installée à deux pas du collège et du lycée de Bayonne. En basque ça voulait dire  » la Bergerie « . C’était l’aumônerie. A l’époque elle accueillait chaque semaine plusieurs centaines de collégiens et lycéens : un groupe d’aumônerie par classe ( !), quinze jeunes par groupe au moins ( ! !)… de la 6e… à la terminale ( ! ! ! ) Euh… je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Je suis entré dans cette maison en 6e. Et l’ai quittée quinze ans plus tard… ayant un peu dépassé la date de consommation ! Ce fût l’une des expériences les plus marquantes de ma vie…

A quatorze ans, j’animais mes premières réunions : ordre du jour, temps de parole, petites  » astuces  » pour relancer les débats ! C’est là que j’ai appris à parler en public, que j’ai tenu mon premier micro (la vérité c’est que c’était une carotte accrochée à une ficelle… mais peu importe !). C’est surtout là que j’ai pris goût au bouillonnement des idées et aux doux plaisirs de la contradiction. C’est enfin là que j’ai appris à lever la voix… et à me taire pour laisser parler les autres…

A  » Ardit’ « , j’ai écrit mes premiers articles, appris la technique de l’affiche et des titres qui accrochent !  » Garder le melon et ne pas perdre le nord « . C’était notre devise. Elle valait de l’or, et nous l’avions trouvée sans publicitaire ! Nos tracts pour les réunions, les camps et les week-end étaient illustrés de dessins de Plantu… Vingt ans plus tard, Plantu est toujours là, sur le coin de mon bureau.

Ayant enseigné depuis dans les plus grandes écoles de journalisme… je peux témoigner qu’Ardit était de loin, la meilleure école ! Et aucun de mes rédacteurs en chef ne m’a plus appris que Peyo, qui fut, pendant toutes ces années, l’animateur de mon aumônerie.

Christophe Hondelatte