Edito – Retour sur l’Assemblée Plénière à Lourdes

AP de Lourdes,

une expérience spirituelle qui nous engage

Le chemin de l’Avent commence, l’humble et joyeux chemin pour accueillir la Vie, une vie qui se manifeste dans la pauvreté et le dénuement d’un enfant bien mal accueilli en son temps.

Pour commencer ce chemin, il me semble que nous pouvons repartir de ce qui s’est vécu à Lourdes lors de cette Assemblée plenière d’automne. Une Assemblée peu ordinaire, une étape déterminante. Pour les évêques et les invités ces jours furent vécues comme une retraite : « Je crois pouvoir le dire au nom de tous, nous avons parcouru devant Dieu un chemin spirituel dont les décisions le vendredi et le lundi matin sont le fruit » (Mgr Eric de Moulins-Beaufort dans une tribune de cette semaine). Des décisions courageuses et libérantes : « Le Christ n’a pas fondé l’Église pour qu’elle soit une institution de plus, soucieuse de se protéger elle-même au détriment de celles et ceux qui pourraient souffrir. Le Seigneur a fondé l’Église pour que la vie soit donnée aux humains, la vie en abondance. Nous, évêques, à travers les décisions prises à Lourdes avons fait le choix de servir la vie ».

Revenons donc sur ces quelques jours et ce qu’ils nous enseignent.

A la suite du rapport de la CIASE, rendu publique le 5 octobre 2021, l’Assemblée plenière d’automne des évêques réunis à Lourdes exigeait une réponse forte et appropriée. Une réponse en acte qui reconnaisse sans détour la réalité des crimes et des manquements, qui fasse justice à la souffrance des victimes, et qui réconforte les fidèles désemparés, en colère ou en rupture de confiance avec la hiérarchie.  Pour agir, il était nécessaire d’opérer un réel déplacement, d’associer pleinement les personnes victimes et aussi plus largement le Peuple de Dieu. Face à ce séisme, les évêques seuls ne pouvaient trouver les réponses adéquates.

Que d’échanges à Lourdes ! Lors des différentes séquences de cette semaine si dense, ce sont au total 553 personnes qui ont participé aux travaux, aux partages et à la prière ! Les résolutions votées à l’unanimité par les évêques au bout d’une semaine, le lundi 9 novembre, apportent une espérance nouvelle pour tous, encore impensable à la Toussaint. Pour les évêques, elles constituent comme une  expérience de libération : « Je fais pouvoir enfin exercer mon ministère de miséricorde et de salut  en témoignant de la miséricorde de Dieu, tant pour les victimes que pour les agresseurs. » (Mgr Percerou).  Oui, La grâce a agi !

Plusieurs facteurs ont rendu possibles ce cheminement. D’abord la présence le mardi de 5 personnes victimes que les évêques ont pris longtemps le temps d’écouter. Ensuite le mercredi et jeudi, un accueil et un travail fécond et festif avec des personnes en précarité (autour du thème : « clameur de la terre, clameur des pauvres ») nous permettant d’ouvrir nos cœurs à la fragilité, de nous situer au bon endroit, dans une posture de conversion. Puis le jeudi, ce temps où les évêques se sont retrouvés, en huis-clos, dans une grande vérité, prenant le temps de s’écouter comme des frères, pauvres et décidés à faire le bien, sans s’abriter derrière des calculs financiers ou juridiques.  Et enfin le vendredi et samedi, la participation très riche et attendue de 120 laïcs engagés dans l’Eglise – parmi eux, 26 jeunes – étudiants et jeunes professionnels. Tous ont apporté des contributions exigeantes mais aussi réconfortantes pour les évêques.

Quel déplacement ! Les évêques, devant le Seigneur, ont compris qu’il fallait sortir de la version comptable et juridique. Sortir de la peur d’être humilié. Reconnaitre sans détours que l’Eglise a failli. Redire ensemble ce qu’est l’Eglise, et ce qu’elle n’est pas. Accueillir les larmes de cet enfant que l’Eglise a blessé alors qu’elle était censée lui apporter la vie. C’est un chemin exigeant pour chacun de nous, qui demande une conversion du cœur et de l’intelligence.

Un mal a été commis. Il faut l’assumer Cela passera par un certain appauvrissement et cela est bon car c’est l’essence même du christianisme que nous fêtons à Noël.  Alors une personne victime pouvait dire : « à nouveau, je me sens bien en Eglise avec vous ».  A l’image du soleil rayonnant lors de la démarche pénitentielle après la pluie incessante des jours précédents, quelque-chose de la lumière de la miséricorde et aussi de la clarté des intentions apparaissaient nettement.

La fermeté des décisions prises par les évêques nous invite à continuer de travailler, chacun à son niveau, pour faire de l’Eglise une maison sûre. Voici quatre points d’attention à partir de ce que Mgr Percerou partageait aux aumôniers d’étudiants réunis mi-novembre à la CEF.

Remplis de cet Esprit, nous vous souhaitons un très beau chemin d’Avent, avec tous les jeunes que vous accompagnez. Il vient le Sauveur !

Bien fraternellement en Jésus,

P. Vincent

Le Service civique dans l'Eglise

Laudato Si

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